eval 2

Évaluation n°2

Nombre de candidats en lice : 6

Nombre de candidats éliminés : 1

Thème : Un jeune garçon (ou une jeune fille) arrive dans un monde parallèle après avoir rencontré un mystérieux vieillard. Seulement, ce monde est un monde fait de magie, un monde irréel pour nous. Le jeune garçon (ou la jeune fille) a atterri dans une pièce assez étrange et n'arrive pas à se remettre de ces émotions...

Énoncé : Votre récit fera la description de cette pièce remplie de magie d'une monde inconnu pour le héros. Vous insérerez également dans cette description les sentiments du héros devant ce changement brutal de monde et vous mentionnerez aussi sa rencontre avec le vieillard et son passage d'un monde à l'autre.

Consignes techniques à respecter :

L'utilisation de la 3ème personne est obligatoire

Votre texte sera au présent pour la description et au passé pour la partie sur la rencontre et le changement de monde

Votre texte sera précédé d'un titre

La partie descriptive devra faire au moins 25 lignes et la partie sur les sentiments du héros, sa rencontre avec le vieillard et le changement de monde devra tenir sur moins de 15 lignes



Indication :

L'exercice est très difficile et se concentre ici sur la description d'un monde qui n'est pas le nôtre. Faire une description correcte sur une trentaine de lignes n'est pas facile, surtout pour que celle-ci ne soit pas trop lourde pour le lecteur. Surtout ne dépassez pas la quinzaine de ligne pour ce qui n'est pas descriptif, ce n'est pas l'objet de l'évaluation

Date limite pour le rendre : 11nov


Date limite des notes : 26nov


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# Posté le lundi 27 octobre 2008 13:01

Evaluation OGD

Perdition ogdienne.

Ces yeux, mon dieu regarde ces yeux. Non, surtout pas ne les regarde pas, tu vas tomber et ne plus te relever. Aller baisse les yeux. Mais pourquoi j'en tremble, ils me transpercent, je me sens nue, nue et vide alors que tout bouillonne en moi. Il ne peut pas arrêter de me regarder ? Faite qu'il arrête, qu'il détourne son regard de moi que je respire enfin. Ca fait mal dans ma poitrine tellement mon c½ur bat vite, trop vite même. J'ai chaud, froid, tout se mélange. Je me sens seule, plus rien autour, pas un bruit, seul lui, lui et moi là dans cette boite de nuit pourtant si bruyante d'habitude. Je ne sens plus rien, ni même la voix de Lucie qui m'appelle au loin. Pourquoi suis-je figée là à quelques mètres de lui, sans pouvoir rien faire, ni bouger, parler, ni partir en courant. Pourtant je voudrais partir en courant, ne plus revenir, oublier ce regard.
Il s'avance. Vite il faut que je me cache. Oui mais où ? Il n'y a pas trente mille cachettes dans une boite de nuit. Derrière le bar. Mes pieds ne bougent pas. Je reste là. On me bouscule mais ca ne fait rien, je ne sens rien, je n'entends rien. Il s'avance d'un pas lent et assuré. Faite qu'il ne m'ai pas vu. Mais si il m'a vu. Là comme une idiote la seule à ne pas danser. La seule à le fixer sans arriver à m'en détourner. Mais bien sur qu'il m'a vu. Je sens la chaleur monter en moi et mes joues s'empourprent un peu plus à chacun de ses pas. Il est beau. Vraiment beau. Hypnotiser je reste là. Pourquoi suis-je venue ce soir. Pourquoi suis je là ? Pourquoi lui ? Pourquoi moi. Je vais remercier Lucie et Camille de m'avoir emmené. De m'avoir abandonné au milieu de cette piste de danse. Je ne supporte pas ça. Seule. Seule et pourtant tellement de gens dansent, parlent, boivent, se droguent autour de moi. Je suis perdue. Totalement perdue. Je n'aime pas les boites de nuit mais j'aime encore moins quand mon corps ne m'obéit pas et quand mes gestes ne sont pas coordonnés.
Il me dépasse. Me frôle. Je frissonne. J'ai sentit son parfum sans savoir vraiment ce que c'est. Cette odeur m'enivre de la tête au pied. Il s'excuse de m'avoir bousculé. Je bafouille. Il fallait que je bafouille à ce moment. Maintenant. Il n'y a que moi pour bafouiller. Incapable de dire un simple « c'est rien ». Un simple « danse avec moi ». Je voudrais lui attraper le bras. L'entraîner avec moi. Me serrer à lui. Ne plus le lâcher. Un peu plus et je fermais les yeux pour apprécier encore plus la douceur de sa voix, et l'intensité de ce contact qui a réveillé en moi des sensations endormies depuis ma rupture avec Thibault. Thibault. Soudain son visage vient à mon esprit. Non pas maintenant. Je ne veux pas, je ne veux pas penser à lui. Pas ce soir. Suis je prête ? vraiment prête à le laisse de côté. Après trois ans. 1095 jours et bien plus d'heures. Je l'ai aimé si fort. Est-il possible encore possible après cela...d' Aimer. Aimer à nouveau. J'en ai douté tellement de fois. Tant de journées passées à ne plus y croire. Qu'est ce qui m'arrive ? Je n'y crois pas.
Dois-je dire je n'y croyais pas ? Le coup de foudre. Non je n'y crois pas. Mais alors...alors pourquoi je ressens tout ca ? Si vite , en un seul regard. Un seul contact. Oui j'y crois. Non j'y crois pas. Je sais plus. Cet homme me chamboule, me trouble et bien plus encore. Je n'y ai jamais cru . Je ne crois en rien. Et pourtant...


Notes :
Lucile : 17/20
Les détails sont tres biens écrits, j'ai adoré !

Digi: 19/20
Très bien, seulement 2 petites fautes, je suis fière de toi. ^^

Gros Minet: 18/20
C'est à la fois sobre et bien détaillé. J'adore!
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 09:57

Modifié le lundi 03 novembre 2008 18:47

Evaluation Damien 2

Essayons d'éviter les clichés du gars blessé par une rupture.

Les lumières multicolores tournoyaient à n'en plus finir. Une part d'obscurité était elle aussi présente, comme dans tous les établissements de ce type. Et je la vit. Elle. Elle dansait. Plutôt bien d'ailleurs. C'était d'ailleurs ELLE le seul élément positif de la soirée.

Je déteste les boîtes de nuit. Et à ce moment précis, je déteste aussi mes deux meilleurs amis. Je sais que le rôle des amis est d'épauler, de conseiller et de nous aider à trouver notre voie dans ce monde injuste et qui ne fait pas de cadeaux, mais... ce soir ils craignent vraiment ! Sérieusement ? UNE BOITE DE NUIT ? Mais ne nous plaignons pas... Ca aurait pu être pire...

Si seulement je n'avais pas reçu ce SMS hier. « Ns 2 C fini » Quelle merveille de la littérature ! Même pas capable de me le dire en face. Après 3 ans de relation. Je pensai que c'était sérieux. Bien sûr, je me doutais bien que ma future femme et mère de mes enfants ne se trouvait pas au lycée en classe de Seconde B. Mais cette relation était... la meilleure chose de ma vie. J'entends d'ici « Quel cliché ! Ce gars est tombé dans une piscine de romantisme niais dès le début de son adolescence, avant même qu'il ait de l'acné. » Pourtant c'est la vérité.

Elle dansait toujours. En se fichant de l'avis des autres. Timide ? Sûrement pas. Excentrique & un peu exhibitionniste ? Sans aucun doute. Et même si elle n'avait rien de spécial au premier abord elle avait un truc. LE truc. Cette petite chose anodine & pourtant si importante.

Et c'est reparti pour les clichés. Je m'en doutais. J'essaye d'être original mais ca ne marche pas. On retombe toujours sur le vu, le revu & le re-revu. C'est assez angoissant de se dire que la plupart des gens entre 13 & 19 ans se cherchent tout le temps. Je mets ce tee-shirt ou pas ? Est-ce que les autres vont aimer ? Il me boudine ce jean ? Ces chaussures me font mal... Tant pis, c'est pour que les gens m'aiment. C'est comme ca que pensait ma copine. Enfin mon ex-copine du coup...

Quant au coup de foudre... J'y crois. J'y crois vraiment. Contrairement aux âmes s½urs. A-t'on une personne qui nous est destinée ? Que la vie mettra sur notre route à un moment précis ? Qui pourra changer notre existence à tout jamais & nous rendre heureux pour le reste de nos jours ? Je demande à voir. Certaines personnes sont plus « en harmonie » que d'autres, mais ca s'arrête là je crois. Mais qui sais ? Peut-être que la fille qui danse accouchera dans 15 ans de notre troisième enfant ? Et je lui passerai la corde au cou.

On nous parle sans arrêt d'avenir. Du futur. Et ca me fait peur. Que serais-je dans quelques années ?

Mais en attendant...Profitons de la vie. En parlant de ca, je vais tenter ma chance avec cette fille, la soirée ne sera peut-être pas si catastrophique que ca en fin de compte...


Notes :
Lucile : 13/20
Les consignes sont respectées mais je trouve que ton texte manque un peu du sujet "le coup de foudre" ressenti lors de cette soirée. On a l'impression que cette fille, ben il s'en fou plus ou moin, que c'est elle comme une autre.
mais c'est tres bien écrit, bravo !

Digi: 3 fautes, 18.5.
C'est très bien mais je suis sure que tu peux arriver à 20 ;)

Gros Minet: 15.5/20
Le ton est assez réaliste. Le texte est aéré, sans pour autant manquer de détails. Bon travail!
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 09:56

Modifié le lundi 03 novembre 2008 19:06

Evaluation Elise

"Tu amor me hace bien" Je n'ai vu que lui en entrant, comme s'il avait été seul au milieu du désert. Je n'ai pas pu le quitter du regard depuis l'entrée et, alors que mes amies cherchent des visages connus, je n'arrive pas à le quitter des yeux. Lui ne semble pas faire attention à moi, il semble connu ici, tout le monde le salue, l'interpelle, lui pose une question... Moi, je suis insignifiante, personne ne me voit, je suis comme transparente. Il croise mon regard, s'en détourne, comme tous les autres ici. Je veux rentrer, me plains auprès de mes amies qui m'assurent que dans quelques minutes, je ne voudrais plus partir. Dépitée, je m'assois dans un coin et regarde les danseurs. Le danseur. Lui, si beau, semble avoir une aura autour de lui. Je ne peux m'empêcher de le regarder. Il danse sans s'arrêter, à chaque nouvelle chanson, une horde de filles tente de l'inviter à danser. J'en deviendrais presque jalouse, alors que je ne le connais même pas. Les musiques s'enchaînent. J'aime cette musique entraînante, et regrette maintenant amèrement d'avoir refusé d'aller prendre des cours de salsa avec mes amies, qui elles semblent dans leur élément sur la piste de danse. Je sors de mes pensées, et reprends mon activité favorite de la soirée: rechercher dans la foule mon bel inconnu. Je regarde à droite, à gauche, et... Mais... Mais... Mais... Il... Il... Il vient... Il vient vers moi! Que faire? Que dire? Mon verre, me donner un contenance... Vite! Zut, il est vide. Tant pis. Regarder ailleurs... Il... Il... Il vient... Il vient de me toucher le bras! Il m'invite à danser?! Horreur. Je ne sais pas danser. Il s'en fiche. Allons bon. J'ai beau chercher du soutien dans le regard de mes amies, elles sont aux anges, le sourire aux lèvres, me voyant m'enfoncer au bras de ce bel inconnu dans la foule virvoltante des salseros et salseras présent ce soir. Si j'avais su où elles m'emmenaient, je n'aurais pas quitté mon canapé. Moi qui n'aime pas danser, je suis servie! Me voilà enfin au milieu de la piste de danse, mon cavalier me regarde d'un air interrogateur. "Es-tu prête?" me demande-t-il. Je bredouille un "Oui" à peine audible, et il commence à me faire danser. Je suis transie par la peur, peur de mal faire, peur de lui marcher sur les pieds, peur de voir s'effacer de ses yeux cette étincelle que j'avais perçue tout à l'heure. Lui est toujours souriant, s'amuse de mes maladresses, mais fait tout pour me mettre à l'aise. Il m'explique patiemment les pas, me montre comment faire, est à l'écoute de mes demandes. "Tu amor me hace bien", Ton amour me fait du bien... Cette chanson serait-elle un signe? Son regard tellement chaud, sa voix si douce, cette silhouette parfaite... Que m'arrive-t-il? Il faut que je me reprenne. Ne pas me laisser aller! Je sais ce que je veux. Et je sais aussi ce que je ne veux pas, ce que je ne veux plus... Et aujourd'hui, ce que je ne veux plus, c'est retomber amoureuse. Cela fait mal. De toute façon, je me suis toujours dit que s'il fallait tomber, c'est que l'amour n'était pas une belle chose. Et je ne crois pas au coup de foudre. Quoi de pire qu'être foudroyée? Et l'on veut me faire croire que c'est une bonne chose? Il suffit. Je n'y crois pas, point. L'affaire est close. Oui, mais... Ces yeux sombres. Cette bouche souriante... Petit à petit, je me détends, je ne jette plus de regards anxieux vers mes camarades, je suis juste heureuse. Heureuse? Oui. Heureuse! Je n'ai plus ressenti celà depuis quelques semaines et hier, ce fut le coup de grâce. Ce SMS a brisé les quelques derniers espoirs qui me restaient, les dernières cordes auxquelles m'accrocher pour éviter de sombrer. En un instant, j'ai vu s'évanouir dans ma mémoire les souvenirs de 3 ans, les joies que nous avons eues, à 2. J'ai vu s'effondrer les projets les uns après les autres, j'ai vu fondre comme neige au soleil tout ce que nous avions prévu... J'ai aussi compris pourquoi depuis quelques temps nous n'étions plus si proches, pourquoi de plus en plus souvent nos rendez-vous étaient annulés, pourquoi de jour en jour j'avais l'impression qu'un mal me rongeait... J'ai également compris que j'allais être seule, et celà pour quelques mois, quelques années. Car hier, je ne comptais pas retomber amoureuse de sitôt. Et surtout pas du premier venu. Et me voilà ce soir, le sourire aux lèvres, la joie au coeur et le bonheur dans la tête, en train de danser au bras du plus beau garçon de la soirée. Il y a eu une première danse, puis une seconde, puis une troisième, puis, les unes après les autres, nous avons dansé et dansé encore, ensemble. J'étais bien, et plus le temps passait, mieux je me sentais. Maintenant, mes amies ne s'occupent plus du tout de moi, elles ont pris place à une table et discutent. Moi qui les détestais à l'entrée de la boîte salsa, à ce moment précis, je les adore! J'ai la tête ailleurs. Et le coeur au chaud. A ce moment, mon cavalier m'enlace, et me souffle à l'oreille: "C'est un zouk, la danse des amoureux. Me l'accordes-tu?". Je ne pris pas la peine de lui répondre, mais je me suis lovée contre lui pour savourer cet instant magique. Depuis ce zouk, nous avons compris. Et depuis ce zouk, il y a 5 ans, nous ne nous quittons plus.



Notes :
Lucile : 18/20
Wahou, ton histoire m'a donné les frissons...
Les consignes sont respectées, on en deviendrait presque cette fameuse fille.
J'ai adoré ! Bravo !

Digi: 20 parfait, rien à redire.

Gros Minet: 18/20
Le ton est enlevé, c'est captivant,.Néanmoins, ça va parfois un peu vite.... un texte un peu plus aéré et avec quelques pauses m'aurait plut encore davantage.
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 09:56

Modifié le lundi 03 novembre 2008 19:03

Evaluation TiphN

Chronique nocturne


Au moment même où je me demandais comment j'allais réussir à franchir les dix mètres qui me séparaient de la porte des toilettes, un flot perçant de mots atteignit mes oreilles :
« Charlotte, tu viens ? Julie vient de se faire offrir du champagne à la table du fond. »
Je fournis alors un effort inconsidéré pour relever la tête. C'est Chloé, ma colocataire. Chloé qui, malgré toute l'attention qu'elle tente de me porter, semble bien plus intéressée par le beau brun qui la reluque depuis le bar que pas ma cause désespérée. Chloé qui, avec la complicité de Julie, n'a rien trouvé de mieux que de me traîner ici ce soir. J'ai chaud, le « boum-boum » des baffles me monte à la tête, et j'ai une terrible envie d'engloutir le pot Häagen-Dazs qui m'attend à l'appart. A la place de quoi me voilà coincée sur une banquette dont le velours me gratte les jambes, entre deux minets parisiens dégoulinants de sueur, dont les poches sont pleines de capotes. Mais comme je suis une fille bien élevée, et que je suis dans l'un des endroits les plus « branchés » de la capitale, j'arbore mon plus beau sourire, et lâche :
« Si tu me promets de ne pas me coller le premier lourdingue qui passe, j'arrive. »
J'apprends alors que je n'ai pas à m'en faire, d'après elle. A la table, il n'y a qu'Alex, le frère de Julie (que je n'ai, soit dit en passant, encore jamais eu à supporter), et quelques copains à lui, très sympas paraît-il... Super. Je crains le pire.

Mon nom est Charlotte. Charlotte Chaffrey., Chacha pour les intimes. A dix-huit ans, je peux me targuer d'avoir intégré depuis plusieurs mois la grande famille de Sciences Po. Un petit duplex parisien en prime que je partage avec ces deux hystériques, avec une vue absolument incroyable sur la fenêtre du voisin exhibitionniste. Une famille aimante, un avenir prometteur, un cadre de vie privilégié... Et un récent statut de célibataire, dont je n'arrive pas à me faire.
Depuis trois ans, je vivais la parfaite romance avec le plus parfait des garçons dans une parfaite harmonie. Sauf que Bastien est parti faire ses études à Lille, afin de devenir le plus grand architecte de tous les temps. Rien que ça ! J'ai toujours su qu'il était prétentieux. Ce que je ne savais pas, c'est qu'on pouvait être aussi rustre ! Depuis plusieurs mois, nous vivions donc notre incroyable idylle à distance. Mais Monsieur a changé, Monsieur s'est fait de nouveaux Amis, Monsieur a de l'ambition comprends-tu... Et ce soir... Ce soir, 20h12, au milieu du repas, je reçois un SMS : « Ns 2 C fini ». En plus d'être devenu le plus grand des cons, il est visiblement devenu analphabète. Ce n'est pas tant le fond que la forme qui fit tomber ma fourchette dans mon plat de spaghetti bolo, éclaboussant au passage le chemisier blanc que je venais de m'offrir.
Me voilà donc célibataire. Ca nous pendait au nez. De toute façon, je me répète, ce mec est un con. Un con, peut-être, mais avec qui j'ai partagé les trois plus belles années de ma vie. Avec qui je me voyais faire des projets d'avenir. Celui auquel j'étais attachée. Le con me manque. Terriblement...

« Eh, tu nous as oublié ou quoi ? »
Ah, cette fois-ci, Chloé a envoyé Julie, et c'est à son tour de me hurler dans les oreilles à un niveau sonore suffisamment élevé pour dépasser celui de la musique barbare qu'ils passent ici. Miracle, j'arrive encore à mettre un pied devant l'autre, je marche ! Je me traîne tant bien que mal à la dite table, avec autant d'envie que mon petit frère devant ses exos de maths. Aller, un effort ma belle ! Prodigieux exploit, me voilà enfin devant ce coin noir de monde encore plus bruyant que le précédent. Encore dix secondes, et promis je parviens à lever la tête et lancer un « salut » général.

Aïe. Un ahuri me bouscule et me sort de ma léthargie. Alors que je m'apprête à lui débiter toutes les insanités du monde, je reste en suspens devant ces deux grands yeux verts qui m'observent d'un air adorablement désolé. Mince alors, c'est qui lui ?!
« Charlotte, j'te présente Alexandre, le fameux frère que j'aurais dû renier dès ma naissance ! »
Et l'autre me décoche un sourire à m'en faire oublier l'haleine hyper-alcolisée de son voisin immédiat. Une main d'origine inconnue me tire en arrière et je me retrouve affalée sur le fauteuil le plus proche, telle une baleine échouée. Les yeux rivés sur sa gueule d'ange, je tente de retrouver un semblant de dignité en articulant enfin trois mots pour lui proposer de s'asseoir. Ce à quoi l'autre me répond que je suis assise à sa place. Forcément. Une fois installés, il se penche vers moi pour me parler. Il me faut fournir un effort de concentration conséquent pour déchiffrer ses dires alors que le « boum-boum » qui résonne dans ma poitrine a largement dépassé celui de la musique. Ma torpeur s'est désormais transformée en un état d'excitation poussé. Plus les minutes s'égrainent, plus je me demande qui est cet OVNI en ma compagnie. Notre conversation des plus banales prend à mes yeux des allures de révélation : il est fait pour moi. Je ne sais pas pourquoi, ni comment il fait, mais chacun de ses mots me transporte. Chaque fois que son regard se tourne vers moi, il me vient une irrésistible envie de le prendre dans mes bras, probablement trop petits pour entourer son imposante carrure.

Je sais : à coup sûr, quelqu'un a versé de la drogue dans mon verre de grenadine. Ou alors je rêve. C'est ça ! Je suis restée toute seule sur ma banquette en velours bordeaux délavé à surveiller les toilettes, et j'ai fini par m'endormir. Il n'y a que ça. Parce que connaissant l'échec cuisant de la relation entre mes deux parents, après leur « incroyable coup de foudre », deux ans avant leur séparation définitive, ce n'est pas à moi qu'on la fera ! Il est clair que j'ai appris très jeune que les apparences sont souvent trompeuses. La preuve en est ce soir avec B. On ne m'embobinera pas avec ce leurre, ce coup de foudre n'est que la carotte qui fait avancer le troupeau du commun des mortels. S'ils savaient ce qui les attend, tous...

Un indéfinissable sentiment de bien-être. J'ouvre les yeux, et son visage me fait face. J'aime ses yeux dans mes yeux, ce silence d'amoureux au milieu du brouhaha. J'ai le paradis dans le c½ur, et ses lèvres sur les miennes. C'est lui.
« Eh tout le monde, il se fait tard, on rentre ? »
Oui, c'est lui. C'est vrai Chloé, il est tard, et demain est un autre jour. Et tant qu'il sera là, j'y croirai, à ce foutu coup de foudre.



Notes :
Lucile : 16.5/20
J'ai beaucoup aimé ton histoire, je me suis laissée emportée.
Un peu décue par le terme "ovni", j'ai trouvé que cela gachait la beauté de l'histoire.
Mais félicitation, j'ai adoré !

Digi: 20, rien à dire. ^^ (P.S: Même si je ne note que l'ortographe, ton texte m'a beaucoup plu, je crois que c'est celui que je préfère!)

Gros Minet:: 16/20 Le style est simple, je me suis laissé emporter par l'histoire. Seul bémol: le ton parfois trop familier dégagé par certains termes.
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# Posté le mercredi 01 octobre 2008 09:55

Modifié le lundi 03 novembre 2008 18:59