"Tu amor me hace bien" Je n'ai vu que lui en entrant, comme s'il avait été seul au milieu du désert. Je n'ai pas pu le quitter du regard depuis l'entrée et, alors que mes amies cherchent des visages connus, je n'arrive pas à le quitter des yeux. Lui ne semble pas faire attention à moi, il semble connu ici, tout le monde le salue, l'interpelle, lui pose une question... Moi, je suis insignifiante, personne ne me voit, je suis comme transparente. Il croise mon regard, s'en détourne, comme tous les autres ici. Je veux rentrer, me plains auprès de mes amies qui m'assurent que dans quelques minutes, je ne voudrais plus partir. Dépitée, je m'assois dans un coin et regarde les danseurs. Le danseur. Lui, si beau, semble avoir une aura autour de lui. Je ne peux m'empêcher de le regarder. Il danse sans s'arrêter, à chaque nouvelle chanson, une horde de filles tente de l'inviter à danser. J'en deviendrais presque jalouse, alors que je ne le connais même pas. Les musiques s'enchaînent. J'aime cette musique entraînante, et regrette maintenant amèrement d'avoir refusé d'aller prendre des cours de salsa avec mes amies, qui elles semblent dans leur élément sur la piste de danse. Je sors de mes pensées, et reprends mon activité favorite de la soirée: rechercher dans la foule mon bel inconnu. Je regarde à droite, à gauche, et... Mais... Mais... Mais... Il... Il... Il vient... Il vient vers moi! Que faire? Que dire? Mon verre, me donner un contenance... Vite! Zut, il est vide. Tant pis. Regarder ailleurs... Il... Il... Il vient... Il vient de me toucher le bras! Il m'invite à danser?! Horreur. Je ne sais pas danser. Il s'en fiche. Allons bon. J'ai beau chercher du soutien dans le regard de mes amies, elles sont aux anges, le sourire aux lèvres, me voyant m'enfoncer au bras de ce bel inconnu dans la foule virvoltante des salseros et salseras présent ce soir. Si j'avais su où elles m'emmenaient, je n'aurais pas quitté mon canapé. Moi qui n'aime pas danser, je suis servie! Me voilà enfin au milieu de la piste de danse, mon cavalier me regarde d'un air interrogateur. "Es-tu prête?" me demande-t-il. Je bredouille un "Oui" à peine audible, et il commence à me faire danser. Je suis transie par la peur, peur de mal faire, peur de lui marcher sur les pieds, peur de voir s'effacer de ses yeux cette étincelle que j'avais perçue tout à l'heure. Lui est toujours souriant, s'amuse de mes maladresses, mais fait tout pour me mettre à l'aise. Il m'explique patiemment les pas, me montre comment faire, est à l'écoute de mes demandes. "Tu amor me hace bien", Ton amour me fait du bien... Cette chanson serait-elle un signe? Son regard tellement chaud, sa voix si douce, cette silhouette parfaite... Que m'arrive-t-il? Il faut que je me reprenne. Ne pas me laisser aller! Je sais ce que je veux. Et je sais aussi ce que je ne veux pas, ce que je ne veux plus... Et aujourd'hui, ce que je ne veux plus, c'est retomber amoureuse. Cela fait mal. De toute façon, je me suis toujours dit que s'il fallait tomber, c'est que l'amour n'était pas une belle chose. Et je ne crois pas au coup de foudre. Quoi de pire qu'être foudroyée? Et l'on veut me faire croire que c'est une bonne chose? Il suffit. Je n'y crois pas, point. L'affaire est close. Oui, mais... Ces yeux sombres. Cette bouche souriante... Petit à petit, je me détends, je ne jette plus de regards anxieux vers mes camarades, je suis juste heureuse. Heureuse? Oui. Heureuse! Je n'ai plus ressenti celà depuis quelques semaines et hier, ce fut le coup de grâce. Ce SMS a brisé les quelques derniers espoirs qui me restaient, les dernières cordes auxquelles m'accrocher pour éviter de sombrer. En un instant, j'ai vu s'évanouir dans ma mémoire les souvenirs de 3 ans, les joies que nous avons eues, à 2. J'ai vu s'effondrer les projets les uns après les autres, j'ai vu fondre comme neige au soleil tout ce que nous avions prévu... J'ai aussi compris pourquoi depuis quelques temps nous n'étions plus si proches, pourquoi de plus en plus souvent nos rendez-vous étaient annulés, pourquoi de jour en jour j'avais l'impression qu'un mal me rongeait... J'ai également compris que j'allais être seule, et celà pour quelques mois, quelques années. Car hier, je ne comptais pas retomber amoureuse de sitôt. Et surtout pas du premier venu. Et me voilà ce soir, le sourire aux lèvres, la joie au coeur et le bonheur dans la tête, en train de danser au bras du plus beau garçon de la soirée. Il y a eu une première danse, puis une seconde, puis une troisième, puis, les unes après les autres, nous avons dansé et dansé encore, ensemble. J'étais bien, et plus le temps passait, mieux je me sentais. Maintenant, mes amies ne s'occupent plus du tout de moi, elles ont pris place à une table et discutent. Moi qui les détestais à l'entrée de la boîte salsa, à ce moment précis, je les adore! J'ai la tête ailleurs. Et le coeur au chaud. A ce moment, mon cavalier m'enlace, et me souffle à l'oreille: "C'est un zouk, la danse des amoureux. Me l'accordes-tu?". Je ne pris pas la peine de lui répondre, mais je me suis lovée contre lui pour savourer cet instant magique. Depuis ce zouk, nous avons compris. Et depuis ce zouk, il y a 5 ans, nous ne nous quittons plus.
Notes :
Lucile : 18/20
Wahou, ton histoire m'a donné les frissons...
Les consignes sont respectées, on en deviendrait presque cette fameuse fille.
J'ai adoré ! Bravo !
Digi: 20 parfait, rien à redire.
Gros Minet: 18/20
Le ton est enlevé, c'est captivant,.Néanmoins, ça va parfois un peu vite.... un texte un peu plus aéré et avec quelques pauses m'aurait plut encore davantage.