Mister D : 18/20
Devoir très touchant ! J'aimerais presque savoir ce qu'est devenue cette fille hypocrite aujourd'hui et voir si elle s'en veut... Parce que ce qu'elle t'a fait là t'a traumatisé c'est sur... En tout cas tu t'es bien mise dans le contexte de la maternelle et j'admire beaucoup !!!!
Gros Minet:18/20: Très bon devoir. les sentiments sont très bien décrits, c'est touchant et captivant.
pour l'outhographe, peu de fautes, c'est bien.
Jam83: 18/20 très bien j'aime bien ton style d'ecriture
Moyenne: 18/20
Le souvenir
C'était il y a si longtemps et pourtant, ce souvenir est ancrée au plus profond de mon âme, de mon corps, de ma tête. Comme un film qui se déroule du mauvais côté de mes yeux, il hante mon inconscient, guettant le moment propice pour jaillir à nouveau et me faire souffrir. Lui, un cauchemar, un traumatisme. Lui, le souvenir. Un cauchemar d'enfant qui paraît si pâle et si frivole à côté de ce que certain ont vécu. Mais c'est mon diable intérieur celui qui me pousse à ne plus faire confiance...
Un bout de chou en salopette rose s'amuse avec des cubes sur le linoleum froid et gris d'une maternelle. Les cubes que tous le monde a connu dans son enfance. Cet enfant de 4 ans, c'est moi. Bleu, rouge, vert, jaune... je les disposais dans tous les sens, créant formes et lettres sur le linoleum froid et gris d'une maternelle. Un sourire béat animait mes petites lèvres car je savais qu'elle viendrait. Elle, mon idole, ma grande s½ur de c½ur de l'époque. Elle, elle s'appelle Christine. Cette grande de douze ans qui m'appelait "ma puce". Cette grande de douze ans qui m'a traité d'idiote. Soudain, des pas résonnèrent dans la salle vide. Je me retourne pour l'apercevoir, un rire clair et innocent m'échappe. C'est elle.
"Coucou ma puce!" sa voix porte jusqu' a moi un sentiment de bonheur.
Ses bras de grande enveloppent avec affection le corps frêle de moi, cette petite. Une fille de 12 ans joue avec une petite crevette rose sur le linoleum froid et gris d'une maternelle. Niché confortablement dans ma bulle de bonheur, je n'entends pas la porte s'ouvrir. Je n'entends pas ces voix porteuse de malheur. Elle, oui. Sa tête brune se relève brusquement pour voir les quatre nouvelles arrivantes. Je ne saurais jamais leurs noms. Ma bulle de bonheur s'ouvre pour laisser passer le son, je me rends compte de leur présence. Un faux sentiment de sécurité me rassure à l' égard des inconnues. L'une d'elles ricane en me voyant.
"Christine, enfin, tu joue encore avec des bébés?" lança-t-elle à mon amie. Les autres, tels des échos malfaisants, ricanent à leur tour. Christine se raidit, se lève et s'éloigne. Ma bulle de bonheur se brise. Anxieuse je me raccroche à une poupée à côté de moi.
" N-non, je vérifiais qu'elle n'avait rien volé, cette idiote est une sale voleuse!" bafouilla ma soi-disant protectrice. Moi, voler? Un sentiment d'incompréhension m'envahit. Je ne comprenais pas, je ne pouvais pas comprendre cette accusation. Du haut de mes 3 pommes, je voulus me défendre.
"C'est même pas vrai!" articulai-je maladroitement.
Une petite fille sans défenses fait face à quatre géantes sur le linoleum froid et gris d'une maternelle.
"Et en plus tu mens! Je vais t'apprendre moi!" cria une des filles, tout en s'avançant vers moi. Elle m'arracha ma poupée, et l'écrasa sous sa semelle en rigolant. Impuissante, je regardais les restes de mon jouet favori. La robe bleue déchirée, le visage défiguré, la jambe cassée. Des larmes brulaient mes yeux bleus. Mes petits poings serrés, je luttais contre les preuves de faiblesse qu'étaient ces larmes. Une lame me transperça le c½ur lorsque je vis Christine rigoler avec elles. La bouche ouverte en un rictus effrayant, les chevaux bruns voltigeant autour de sa tête. Les larmes commençaient à couler sur mes joues rebondies. Des traces de leur cruauté qui se sont imprégnés au plus profond de moi.
"Oh arrête de pleure, grosse débile" dit une voix.
Et le premier coup partis. Je levai mes yeux pour voir Christine, sa main levée. L'océan de larmes qui lui faisait face ne l'attendrit pas. La main retomba. Forte, violente, une trace rouge apparut sur ma joue. Une petite enfant ne comprend pas sur le linoleum froid et gris d'une maternelle. Innocente que j'étais, je ne lui en tins pas rigueur. Je voulais qu'elle me reprenne dans ses bras, je voulais entendre "ma puce" à nouveau. Mon bras se déplia en sa direction, agrippa fébrilement sa jupe verte émeraude. Elle continua à marcher vers la porte, sans un regard vers moi. Une partie de moi s'échappa avec elle lorsque la porte claqua, marquant sa disparition définitive. Une douleur vicieuse s'inséra dans mon corps. Rouge, bleu, vert, jaune... je contemplais sans les voir les cubes étalés devant moi. Triste, une petite fille pleure sur le linoleum froid et gris d'une maternelle.