Le fait que tu te serves de cet exercice pour traiter d'un problème important de nos jours j'ai bien aimé... Tu as un bon style et une belle chute finale ! Félicitations !
Ogd :17/20
J'ai beaucoup aimé le style et surtout l'histoire. La chute est très surprenante, j'adore !
jam83 :17/20
très émouvant , j'ai beaucoup aimé la fin est bien amenée c'est bien
Gros Minet : 14/20.
Moyenne: 16.625 /20
C'est bien tourné, mais tu aurais pu aller bien plus loin pour rabaisser le petit ami.
Je l'ai reçue hier cette lettre. Cette lettre que je ne cesse de lire pour m'assurer que je ne me trompe pas, pour être sûre que mes yeux ne me jouent pas de tour. Mes mains tremblent, et les larmes coulent, j'ai l'impression que tout s'effondre autour de moi, le sol n'est plus qu'une plaque tournante qui se dérobe sous mes pas. Je m'attendais à la recevoir , j'aurais finit par la recevoir un jour cette maudite lettre. Mais, ce à quoi je ne m'attendais pas c'est qu'elle me dise cela. Cette phrase composée de mots irréels, cette phrase qui me vole ma vie, mon insouciance et mes plus beaux rêves.
Je t'ai appelé ce matin mais c'est ta mère qui a décroché, elle m'a dit que tu me rappellerais. J'attends depuis une heure mon téléphone à la main. Sur la table, est posée cette feuille blanche qui me fait tant souffrir. Que cette attente est longue, horriblement longue.
Enfin la sonnerie résonne dans toute la pièce, j'hésite, ce n'est pas facile, ça n'a jamais été facile mais aujourd'hui c'est encore plus dur.
-Allo ?
Au son de ta voix, mon ventre se tort.
-Romain c'est moi !
-Bonsoir chérie ça va ?
La douleur est de plus en plus intense. Sophie entre la pièce, elle sait ce que je vais t'annoncer , elle sait que c'est dur, elle vint s'asseoir près de moi et me pose sa main sur mon épaule comme pour me donner du courage.
-Je sais pas.
-Tu sais pas si ça va ? me demande-t-il perplexe.
-Oui, je sais pas.
Romain met du temps à répondre, je sens sa respiration au bout du fil, elle est lente et paisible , tout l'inverse de la mienne. Mon c½ur tape dans ma poitrine avec tellement de force que ça en devient douloureux..
-Raconte ce qui ne va pas !
Il est si adorable, sa voix est si tendre comme à son habitude j'aurais tout donné pour me retrouver dans ses bras, me réfugier auprès de son c½ur et ne plus m'en détacher.
Je ne parle pas, je ne sais pas quoi lui dire. Non ! je ne sais pas comment lui dire.
-Allez courage ! me dit Sophie en serrant ma main dans la sienne. Sa présence me fait du bien mais elle ne m'apporte pas beaucoup plus de force.
-Je sais pas si nous...si nous...
-Si nous quoi ? me demande-t-il la voix tremblante.
Je sens qu'il a peur, je sens qu'il sait ce que je vais lui dire.
-Tu sais, si nous deux on peut continuer ensemble.
Les larmes commencent à couler sur mes joues, je n'arrive pas à les retenir, je ravale désespérément un sanglot.
-Mais...mais pourquoi ?
Il est déboussolé je le sais. Oh non mon amour ! Non ! Pourquoi ? oui c'est vrai Vic, pourquoi tu dois le quitter hein ? Tu es égoïste ou quoi ? Tu ne penses qu'à toi ?
-Pour ...pour ne pas te perdre.
J'ai toujours trouvé cette phrase idiote quand je l'entendais par ci ou par là, aujourd'hui je ne trouve que ça à lui répondre. Je me déteste.
-Vic c'est ridicule, tu ne perdras pas, je t'aime! Tu m'entends ? Je t'aime tant.
-Je ne suis plus si sûre de mes sentiments.
Que cette phrase a été dure à prononcer ! Que ces mots font mal ! Ils s'enfoncent dans mon c½ur avec une telle rage.
-Tu ...tu n'es plus sûre ? dit-il la voix vacillante.
-Je ne veux plus vivre avec toi, tu comprends. J'en ai marre, tu n'ais qu'un bon à rien, un nul. Jamais je n'aurais du m'imaginer une seconde qu'on allait vivre heureux.
A ce moment, mon c½ur s'ouvre et déverse ce liquide douloureux dans tout mon corps qui n'épargne aucune partie. J'ai si mal.
- Je ne suis pas celle qui te faut et tu n'es pas celui qu'il me faut. J'ai besoin d'un autre homme, d'un homme fort qui sera me protéger, d' un homme qui sera être là. Toi tu n'es pas celui-ci. Ce n'est pas avec toi que je veux vivre, tu ne m'intéresses plus, tu ne me plais plus. Je suis sûre qu'il y a mieux ailleurs.
J'ai prononcé tout ça d'une traite, sans vraiment y réfléchir, sans vraiment respirer. A l'autre bout du fil l'homme que j'aime est blessé au plus profond de lui. Sa respiration n'est plus aussi calme qu'au début, il souffre, il a mal. Comme moi.
-Je ne sais pas quoi dire tu sais, tu...
-Ne dis rien alors s'il te plait...ne dis rien ! dis-je dans un murmure.
Un seul mot, une seule phrase me fera couler, je perdrais alors pied.
-Je...je t'aime tant.
Non, il ne fallait pas dire ça Romain, surtout pas...
-Je t'aime Vic ! je t'aime... il hurle dans le combiné.
Lentement je décolle le téléphone de mon oreille et le laisse glisser le long de mon c½ur. Sa voix n'est plus qu'un écho . Je raccroche et me retourne vers Sophie, elle est triste, pas autant que moi mais elle l'est. Elle me prend dans ses bras.
-Ca va aller tu verras, je suis là !
Sa voix est douce mais elle n'arrive pas à cacher l'anxiété dans laquelle elle se trouve.
-On va s'en sortir ma puce...tu as fait le bon choix.
Je me lève du canapé et me dirige vers la table basse, je saisis la feuille et la déchire en mille morceaux. Dans un élan de colère je balance la lampe contre le mur. Je tombe à genoux sur le sol du salon. Je pleure, cette fois ci ce n'est pas quelques larmes, mais un milliard de larmes qui ont franchi la frontière de mes yeux, elles coulent sur mes joues comme un torrent glisse le long d'une montagne. Certaines viennent mourir sur mes lèvres déposant ce goût amère que je déteste tant. D'autres sont plus fortes et courageuses et glissent le long de mon cou pour venir mourir entre mes seins ou sur la moquette du salon. Au fond de moi je saigne, la blessure est béante et mettra du temps à se refermer.
Le pire , c'est que j'en ai pas du temps...je n'ai plus le temps. J'ai le Sida et je le sais depuis hier. Comment aurais-je pu te le dire Romain ? Comment ? J'ai fait ça pour te protéger , j'ai fait ça car je t'aime...je t'aime tellement mon amour. Jamais je me le saurais pardonnée, jamais je me serais permise de te faire vivre cet enfer. Aujourd'hui je sais ce que c'est Aimer. Mais pour moi, l'amour ne triomphe pas de tout , la peur a été plus forte...
Mais parfois, la meilleure façon de protéger ceux qu'on aime c'est de ne plus les voir.